"Wow, je voulais juste te dire que j'aime vraiment ton énergie"
"Elle est belle hein, Sophie! Elle est pas juste belle, c'est tout ce qu'elle dégage qui m'attire..."
"Ta présence va devenir un request dans les partys!"
"Je comprends pas comment je ne t'ai pas remarquée avant"
C'est pas moi qui le dit. C'est ce que je peux entendre au cours d'une même soirée, par des gens qui me sont complètement étrangers.
Je suis consciente de l'effet que je peux faire aux gens, même si souvent, je ne vois pas tant ce que j'ai de plus que quiconque.
Mais des phrases comme celle là, j'en sème un peu partout où je vais. Sans parler des non-dits, des sous-entendus, des regards et des tentatives de rapprochement. Je dois avoir une forte dose d'ions négatifs (ou bien positifs, la physique, c'est pas mon truc) pour attirer tous ces gens là.
Malgré que la majorité de ces commentaires seront accueillis avec un merci, sans plus, il est inévitable qu'à l'occasion, je tombe moi même sous le charme de la personne qui me les envoie.
Si je n'étais pas dépendante affective comme je le suis, probablement que je finirais juste par m'enfler la tête et utiliser ce pouvoir de séduction comme bon me semble, au dépends des gens.
Mais ma dépendance pousse tout ça à un autre niveau. Comme j'aime m'entourer de gens intéressants, mon cerveau me dicte que je dois entretenir avec eux une relation prévilégiée. Ca doit être la raison pour laquelle je me fais des amis aussi facilement.
Le problème, je le rencontre lorsque dans mon petit coeur de dépendante affective, je vois encore plus loin que de l'amitié. Lorsque la personne et moi avons tellement d'affinités, que je me vois déjà transformer cet amitié indéniable, en amour vrai.
J'ai toujours eu le coeur volage. Je tombe facilement amoureuse. Et la vie a le don d'envoyer un maximum de personne avec qui je peux facilement tomber amoureuse dans ma direction.
Et, étant de nature spontanée et impulsive, je m'accroche très souvent à cette dose d'amour qui s'échange entre moi et une autre personne, et me permet de rider la vague jusqu'au bout.
Ce serait beau, si, à la fin, je pouvais cibler mon choix sur quelqu'un, sans jamais avoir de pensées pour une des autres personnes qui est venue prendre une place de choix dans mon coeur. Mais ce n'est pas le cas. D'être aussi bien entourée, et d'être aussi égoiste et dépendante affective me dicte de tout garder pour moi et de rider plusieurs vagues en même temps - la vie a tellement de belles choses en réserve pour moi.
Le problème c'est qu'à la fin, ça se retourne contre moi. Indirectement, car même lorsque je crois que tout va s'écrouler, non, mes forteresses acceuillent le coup sans broncher, laissant seulement l'autre personne impliquée se heurter le coeur et le voir tomber en mille miettes. Même si je suis égoiste, une partie de cet égoisme est assez altruiste, car si je désire garder tout ce beau monde à mes cotés, je dois définitivement les garder heureux. Ça se retourne donc contre moi, dans la mesure où, autant je peux rendre les gens heureux, autant je peux détruire leur petit monde d'un coup, en leur laissant savoir que j'ai besoin de suivre le courant de plusieurs océans en même temps, et en leur laissant savoir que même si je trouve qu'ils/elles sont de belles personnes, que malheureusement on dirait qu'elles ne m'apportent pas ce que moi je peux bien leur apporter...
Mes exs me disent qu'ils en trouveront jamais une autre comme moi. J'aimerais bien leur dire le contraire, les rassurer, leur faire voir ce que moi je vois en moi qui n'est pas si beau, ils ne bronchent pas et continuent à me mettre sur un pied d'estale.
Comme je l'ai dit plus haut, ce serait facile d'englober tous ces faits là dans mon baluchon, et de me foutre de la gueule de ceux qui m'entourent et m'admirent, mais comme j'ai le coeur très gros, et que je suis quelqu'un de très émotive, et que la rationalité est quelque chose que je connais seulement dans la fiction...... Je ne peux pas. Je suis ce que mon coeur me dicte et je profite de tous les beaux moments que la vie a à m'offrir, au risque qu'après, je fasse de la peine aux gens que j'aime.
Ce qui me dépasse surtout, c'est à quel point je suis capable de me détacher de ces moments. Certes, ça m'est entièrement désagréable de blesser ceux que j'aime, c'est ma principale source de douleur et de désagrément dans la vie, les fois où j'ai le plus pleuré de ma vie étaient parce que j'avais fait de la peine à quelqu'un qui m'est cher.... reste que j'arrive malgré tout à retourner à mes activités très facilement, que ça arrête de m'affecter dès qu'un autre plaisir est proche....
Récemment, je me disais que pour comprendre, pour grandir, pour changer, il faudrait que tout s'écroule à mes pieds, que tous les oeufs que j'ai placés et cachés dans mille différents paniers cassent tous en même temps, que je me retrouve pour la première fois de ma vie démunie, et seule, seule pour de vrai, plus d'amis, plus de je t'aime.
Mais autant ce serait la solution, autant je ne vois pas cela arriver d'ici tôt, et si par un hasard des plus fou cette situation viendrait à arriver, je ne suis pas certaine d'être capable de passer au travers. Soit j'en mourrais, soit je deviendrais une énorme loque insensible et catatonique, un exposant mille de ce que je suis déjà lorsque je suis seule, entre deux rencontres avec des gens qui me sont chers.
La seule chose que je puisse faire pour l'instant, est d'essayer de doser mes ''je t'aime'' d'essayer de les limiter, jusqu'à les érradier, de prévenir les gens de ne pas tomber amoureux de moi, d'éviter les situations ou les sentiments sont plus forts que l'objectivité de la personne en face de moi, et peut-être qu'enfin, je pourrai devenir ce que tout le monde pense que je suis, quelqu'un de formidable et d'irremplaçable, qui ne blesse jamais personne.
mercredi 9 septembre 2009
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